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Toponymie

« Clairière dans les bois »
 
S’il est bien certain que Bueil existait au moment des grandes invasions, il est très difficile de dire depuis quand c’est un village, et quand il a trouvé son nom.
 
Ce problème de datation relève de l’onomastique et la toponymie, sciences délicates à laisser aux spécialistes. En effet, l’identification est ardue, et l’interprétation davantage encore!
Il nous faut d’abord savoir que « … les noms de communes ne bénéficient pas d’une antiquité comparable à celle de certaines appellations géographiques, en particulier des noms de rivières… » (1). Notre exemple est net sur ce plan, puisque sont prélatins les noms de Itto l’Iton, Itta l’Epte, Arava l’Avre, et Autura l’Eure, rivières qui se jettent dans la Sequana la Seine.
Par contre, si peu de noms de communes paraissent antérieurs à la conquête romaine, il est intéressant de voir dans le livre de François de Beaurepaire (2) une carte des noms de lieux habités d’origine prélatine où figure Bueil… presque seul dans le secteur avec Vernon et Autheuil !
La plupart des historiens s’accordent donc à dire que Bueil trouve ses origines dans le vocabulaire celtique. Une thèse (3) apparente le nom actuel au mot Buellium qui signifierait « petit village ».
Une étude plus récente (4) change un peu de direction. Elle est basée sur les travaux de François de Beaurepaire, que nous venons de citer. Ce dernier explique que le suffixe *ialo ou *ialum « … est postulé selon de nombreux auteurs par sa ressemblance avec le gallois IAL, ayant le sens de clairière… » ou bien sûr tout espace découvert.
Cet appellatif semble bien s’adapter à Bueil dont le nom se rapproche de Breuil, Breteuil, Autheuil, le Vaudreuil… avec qui le rapport est tout à fait certain. Il reste alors Bu dans lequel il est possible de voir soit Buodo, appellatif gaulois pour « corneille », soit Bus pour « bois » voire Bux « buxetum » pour « buis », comme dans Boisset (les Prévenches).
Tout cela étant sujet à d’autres interprétations, bien entendu. Mais « clairière dans les bois » est une dénomination plausible si on se souvient que les coteaux de la rivière d’Eure étaient encore recouverts d’immenses forêts il y a quelques siècles.
Certains noms du voisinage trouvent une origine équivalente, comme Breuilpont (bien que le « pont » soit manifestement plus récent!) Par contre c’est une origine romane (donc peu après la conquête de Rome) qui préside au choix du nom de Hécourt, Gadencourt ou Villiers.
 
Arrêtons-nous un instant sur le village de Villiers pour indiquer qu’une thèse soutient que son nom s’est adjoint l’appellation « en Desoeuvre » par allusion à sa situation en cette forêt qui garde mémoire de Diane, la chasseresse d’Anet, Grande Sénéchale de Normandie et « amie » de Henri II; forêt où elle aimait se rendre tout comme elle aimait celles de Bréval, de Dreux ou bien de Montchauvet, pour traquer le gibier et occuper son « désœuvrement ». Nous ne pouvons accepter cette proposition à cause d’un acte rédigé en latin concernant l’église alors appelée « Beate Nicholae de Villariis in Diane Silva » (Saint Nicolas de Villiers en la forêt de Diane). Cet acte est daté de 1225 et ne peut donc pas rappeler la Dame de Poitiers, duchesse de Valentinois, qui ne naîtra que près de trois siècles plus tard! Nous sommes bien en présence de la déesse antique de la chasse (5).
Considérons plus simplement que la « Désœuvre » est une déformation du mot « Desserve ». On appelait ainsi la région en 1690 au moins, où elle est indiquée sur les cartes en opposition à la « Serve » dont la capitale était Dannemartin-en-Serve (6).
 
Cet aparté intéresse les Bueillois dans la mesure où ils peuvent se rendre compte que la Desserve (qui devait descendre jusqu’à l’Eure) et la forêt de Villiers étaient particulièrement giboyeuse, ce qui parait être encore le cas de nos jours!
 
Tout cela fait que nous sommes désormais certains de la présence d’un habitat très ancien à Bueil. Toutefois, les premières citations du nom ne remontent pas au delà du début du XIIIe siècle. Il est possible que les écrivains (essentiellement des ecclésiastiques) n’aient jamais eu rien à en dire, et c’est peut-être de là que provient la difficulté à choisir parmi les interprétations sur l’origine du nom.
La première forme connue se lit dans le livre de François de Beaurepaire: « Buellium, vers 1204 » mais il n’indique pas la provenance.
Le marquis de Blosseville (7) est plus précis en donnant:
  *    Boolium 1264 (cartulaire de Lyre)
  *    Buellium (pouillé d’Evreux), à rapprocher du nom en 1204
  *    Buellum (cartulaire d’Ivry)
  *    Boele (cartulaire de Saint Taurin)
  *    Bueuil 1805 (Masson de St Amand)
 
Toponymie évidemment non exhaustive, puisque nous avons à notre tour relevé l’écriture Bué en 1690 et 1712 (8), Büeil avec un tréma, sur la célèbre carte de Cassini qui date de 1750, ainsi que la bonne orthographe dès 1760, malgré la date donnée pour Bueuil par Masson de St Amand (9).
 Denis JOULAIN
NOTES
 
  1.   François de Beaurepaire, (« Noms des communes et anciennes paroisses de l’Eure » Picard 1981)
  2.   Voir note 19. La carte se trouve en son livre page 21.
  3.   Par exemple celle de Charpillon et Caresme, dans leur « Dictionnaire… » (bib. )
  4.   Jean Charles Lascaux, journaliste, érudit et chercheur en histoire locale, a collaboré entre autres à la revue « Nouvelles de l’Eure ». Il nous a apporté ces commentaires dans un article sur l’origine du nom de Bueil (Bulletin Municipal N° 5).
  5.   Les deux « Diane » sont toutefois à évoquer ensemble. Philibert Delorme, Abbé d’Ivry et architecte d’Anet, semblait initié aux secrets ésotériques et plusieurs détails montrent que ce dernier château était en fait dédié à la déesse avant de l’être à la mortelle. Ne retenons ici que la présence du cerf sur le grand portail, symbole du rayonnement solaire, comme en témoigne encore la légende chrétienne de Saint Hubert, patron des …chasseurs!
  6.   On voit ces deux dénominations sur la carte de Thomas Auvray « Environs de Paris à 15 et 20 lieues à la ronde » (photocopie dans les archives de l’auteur) 1690 env.
  7.   Marquis de Blosseville. (Voir bib. )
  8.   Carte citée en note 25 et « Les Environs de Paris » N. de Fer 1712
  9.   Carte « Le gouvernement militaire de l’Isle de France » 1760.

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